YaPhoto#0: Ce que nous voyons, édition pilote de YaPhoto – Yaounde Photo Network, nouvelle plateforme photographique camerounaise basée à Yaoundé, s’est déroulée du 14 au 26 novembre 2016.

Le programme a débuté avec un atelier au Goethe-Institut Kamerun du 14 au 18 novembre. Centré sur l’interprétation d’image et l’écriture critique, cet atelier mené par l’historienne de l’art et critique Christine Eyene a rassemblé un groupe de critiques d’art et étudiants camerounais sélectionnés sur appel à candidatures parmis lesquels: Martin Anguissa, Madeleine Mbida, Edwige Larissa Mimboe Ngamanga, Patrick Ngouana Nkenne, Hassan Njoya, Monica Nkodo, Odile Pahai, Serges Tcheumeni, Claudel Tchinda, ainsi que Landry Mbassi et Aude Mgba de l’équipe YaPhoto.

De gauche à droite en partant du fond: Aude Mgba, Odile Pahai, Christine Eyene, Martin Anguissa, Claudel Tchinda, Hassan Njoya, Patrick Ngouana Nkenne, Monica Nkodo, Landry Mbassi, Edwige Larissa Mimboe Ngamanga, Madeleine Mbida, Serges Tcheumeni. Crédit photo: Goethe-Institut Kamerun.

Ont été abordé l’histoire de la photographie et les pratiques contemporaines dans une perspective globale avec un intérêt particulier pour la photographie africaine et de la diaspora, leurs esthétiques, styles, techniques et réception critique.
À la suite de cet atelier sera mis en place un système d’échange autour de textes de référence sur la photographie et un soutien rédactionnel.

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Crédit photo: Goethe-Institut Kamerun

Le deuxième volet de YaPhoto#0 fut consacré à l’exposition Ce que nous voyons, accompagnée d’une série d’événements publics.
Présentée au Musée la Blackitude du 21 au 26 novembre et conservant son esprit “pilote” à travers des impressions laser et tirages lambda, Ce que nous voyons consistait en un geste curatorial, une mise en espace, une visualisation ou préfiguration d’une exposition qui, dans sa version finale, pourrait être à l’identique tout comme elle pourrait connaître certaines modifications.

C’est à la suite d’un atelier tenu en juillet 2016 avec des photographes locaux qu’est né le titre de ce projet. Ce que nous voyons fait état d’un regard local traduisant les préoccupations thématiques et esthétiques développées par les photographes participants. C’est-à-dire qu’il ne s’agissait pas d’un thème les menant à répondre à une attente curatoriale. Il fut plutôt question d’un point de rencontre entre des considérations visuelles et conceptuelles communes ou convergentes.

Ce titre fait aussi référence à Ce que nous voyons, Ce qui nous regarde (1992) du philosophe et historien de l’art français Georges Didi-Huberman dans lequel il aborde, entre autres, la question d’expérience visuelle et la dialectique de l’image.

Ainsi trouvions-nous sur les murs de la Blackitude Contempler de l’Autre Côté de Samo Seymo (Cameroun) saisissant les reflets de personnages sur l’eau, et les déformations conférant à ses figures un aspect sculptural, s’apparentant parfois à des formes peintes. Crown of Beauty de Steve Mvondo (Cameroun) explorait quant à elle la beauté féminine dans des portraits de femmes à la tête ornée d’un foulard.

À l’intention curatoriale s’ajoutait le souhaît d’intégrer le texte. Celui-ci traversait l’œuvre de Blaise Djilo (Cameroun) à travers la mosquée et l’école coranique de N’Gaoundéré, toutes deux soumises aux préceptes du texte sacré. Il en allait de même pour la série Liberté d’Expression de Babacar Traoré (Sénégal), prise au hasard de ses déambulations dans Rufisque et la Médina. Ces murs remplis d’inscriptions et de graffiti rappelant parfois Dubuffet et l’art brut sont “le support d’un langage souvent abstrait et anonyme. Ils disent tout haut ce que certains cachent dans leur cœur” nous explique Traoré.

Enfin, c’est une écriture cinématographique que l’on retrouvait chez Amine Oulmakki (Maroc). Intérieur/Nuit consiste en Saynètes d’un théâtre du réel. Les images qu’il donne à voir sont soigneusement élaborées et construites à partir de références qui renvoient souvent aux récits de sa propre histoire. Souvenirs d’enfance, récits familiaux teintés d’imaginaires populaires et de traditions. Ses scènes sont comme des plans fixes synthétisant ce que le cinéma étend dans un système narratif qui lui est propre.

En plus des lectures de portfolios proposées le mardi 22 au Musée la Blackitude, une conversation eut lieu le mercredi 23 entre Christine Eyene et Landry Mbassi, co-fondateurs de YaPhoto dans le but d’introduire le projet au public, de parler du thème de cette édition, de présenter l’oeuvre des artistes et d’aborder les perspectives de la photographie au Cameroun et à l’international.

Pour conclure les festivités, jeudi 24 le Maeva Ea Lounge fut l’hôte de Clubbin’ Africa, soirée projection et musique dédiée aux images du monde de la nuit en Afrique avec un focus sur l’œuvre de Patrick Wokmeni (Cameroun/Belgique), David Kadoule (Togo) et Andrew Esiebo (Nigéria).

Cliquez sur une image pour voir cette sélection en galerie photo.

YaPhoto#0: Ce que nous voyons fut commissariée par Christine Eyene en collaboration avec Landry Mbassi et Aude Mgba.

Edition réalisée en partenariat et avec le soutien de :

Making Histories Visible (University of Central Lancashire)
Goethe-Institut Kamerun
eye.on.art
Musée la Blackitude
Maeva Ea Lounge
OTHNI – Laboratoire de Théâtre de Yaoundé

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Photographes participants

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